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Assohandicap

 

Ménager Thierry

54 RUE BLANQUERIE

11300 Limoux

 

 

 

 

 

  1. I.          - Le chapitre IV du titre Ier du livre Ier du code de l'action sociale et des familles est ainsi modifié : 1° Avant l'article L. 114-1, il est inséré un article L. 114 ainsi rédigé : « Art. L. 114. - Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. » ; 2° L'article L. 114-1 est ainsi modifié : a) Le premier alinéa est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés : « Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. 

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Handicap. La question des assistants sexuels

18 septembre 2013  / Recueilli par Ronan Larvor /

 

C'est un événement à Quimper, tant les débats publics sur le sujet sont rares et compliqués. Vendredi, Marcel Nuss viendra plaider la cause de l'accompagnement sexuel pour les personnes handicapées.

 

Un assistant sexuel est une personne formée qui aide un handicapé à accéder à un plaisir sexuel ou sensuel. Dans les pays où la pratique est légale, elle implique une formation, une rémunération. Sur le plan légal, l'assistance sexuelle payée est en France assimilée à la prostitution. Marcel Nuss dénonce une hypocrisie.

 

 

Où en est le débat sur le sujet en France ?

Il est complètement figé alors que dans une dizaine de pays voisins, c'est possible. Cela tient au fait que la France est un pays abolitionniste en matière de prostitution. Si je fais appel à une escort girl, je peux être poursuivi pour proxénétisme car il y a de l'argent en jeu. Si c'était bénévole, il n'y aurait pas de problème. Or l'argent permet de mettre en place des situations contractuelles, sans ambiguïté pour un vrai travail qui demande une formation. Dire que le bénévolat serait acceptable est hypocrite.

 

Et dans la pratique ?

L'accompagnement sexuel se pratique en France de manière officieuse, au petit bonheur la chance. C'est inquiétant car n'importe qui peut le faire sans cadre, ni formation.

 

Quelle est la position des grandes associations de handicapés ?

L'Association des paralysés de France (lire ci-dessous), l'Association française contre les myopathies militent dans ce sens, notamment depuis 2007.

 

Il y a une opposition ?

Elle est essentiellement morale. L'argent et le sexe ne font pas bon ménage en France. Des associations féministes, l'Office chrétien des personnes handicapées, craignent qu'autoriser un service payant serait une porte ouverte vers la légalisation de la prostitution. Or nous disons clairement que nous sommes contre une prostitution forcée mais pour une prostitution volontaire et autonome. On estime qu'il y a 20 % d'hommes et de femmes qui se prostituent librement en France. J'ai rencontré plusieurs « escort » qui font cela pour diverses raisons. Ce n'est pas à la société de juger. Mais les lobbys sont puissants et le gouvernement ne veut pas s'y frotter après ce qui s'est passé avec le mariage pour tous.

 

Comment cela se passe-t-il dans les pays où c'est autorisé ?

Il y a une vraie demande. On s'aperçoit qu'au départ il s'agit majoritairement d'hommes, mais de plus en plus de femmes affirment aussi leur envie et l'on a vu apparaître plus récemment des homosexuels.

 

Quelles sont vos actions aujourd'hui ?

Je viens de créer l'Association pour la promotion de l'accompagnement sexuel. Nous lançons un site de rencontre sur lequel pourront s'inscrire les personnes handicapées et les assistants sexuels volontaires. Nous allons aussi proposer des formations en direction des

professionnels du secteur médico-social qui ont déjà accompagné des handicapés. Nous travaillons avec des juristes et nous irons « border line

», à la limite de ce que la loi nous permet, tout en restant dans les clous.

 

Que demandez-vous ?

Que le gouvernement arrête de mettre la pression et juger les gens uniquement sous l'angle d'une moralité dogmatique. Nous demandons que le droit privé soit respecté. Or la sexualité relève du droit privé. Nous ne demandons pas de droit à créance, ce n'est pas une question de légiférer mais de reconnaître officiellement une liberté.

 

(1) Il est fondateur de la Coordination handicap et autonomie, cofondateur du Collectif handicaps et sexualités, membre du Syndicat du travail sexuel. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont « Je veux faire l'amour » (Autrement, 2012).

 

 

 

 

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